Le salon
Le visiter

     

videoeduc_cooperation_entre_pairs

La coopération entre pairs

Comment pousser les enfants, les élèves, à coopérer ? Comment donner envie à un enfant d'aider les autres dans leurs apprentissages ? Qu'est-ce que cela apporte ?

Pourquoi privilégier les jeux coopératifs ? Les bienfaits du parrainage dans l'école, ...

Et les professionnels de l'éducation, coopèrent-ils ? Comment  ?

Découvrez les 31 conférences sur la coopération
en faisant une recherche sur "coopération" dans l'onglet "Les conférences"

La coopération, un réflexe à mettre au naturel

[Art. paru dans le Journal de l'Education , octobre 2011]

Agir ensemble, travailler en équipe, opérer avec, co-opérer … une compétence indispensable à la vie en société. Une société qui, paradoxalement, met aussi (plus ?) l’accent sur l’individu et les met souvent en compétition !

Demander que les marqueurs et crayons de couleur soient notés « au nom de l’enfant », marquant ainsi sa propriété, dès la maternelle…

Exhorter son enfant sur le bord d’un terrain de sport à « se » battre pour battre l’autre…

Mettre en avant la supériorité de l’un par rapport à l’autre lors d’un engagement, d’un contrôle…

Les situations de compétition et d’individualisation ne manquent pas, soyons sûrs que nos enfants, tout comme nous, y seront confrontés fréquemment, en étant les meilleurs, presque les meilleurs… ou pas. Il y a là, sans doute, matière à motivation (pour tous ?) et nécessité que nos enfants s’y confrontent.  Je ne me fais pas de souci à ce sujet : ils la vivront !

Il me paraît moins évident qu’ils soient confrontés à la coopération de manière aussi « naturelle » afin, qu’eux aussi, la proposent comme mode de relations, d’apprentissages, d’éducation. Je veux croire, pourtant, qu’il s’agit là d’un enjeu primordial pour nous, les professionnels de l’éducation. La coopération doit faire partie de nos objectifs prioritaires !

Des temps formalisés

Les outils ne manquent pas pour susciter la collaboration entre les enfants,  des « capsules » de temps qui permettent de vivre ce climat qui permet d’évoluer sereinement, avec plaisir, en mettant ses compétences au service d’un projet tout en en développant de nouvelles.

Symbole, bien souvent, des jeux de coopération, le parachute est utilisé dans les cours de gymnastique et les espaces extrascolaires. Les magasins dits « spécialisés » regorgent de jeux de société basés sur le principe de coopération : le Verger, Félix flotte, T’Chang et il en existe des « géants » à utiliser en plus grand groupe comme le Crayon coopératif, notamment.

Proposer le jeu de la chaise musicale demande rarement beaucoup d’explications : on connaît. « Forcer » la coopération en changeant quelque peu les règles en modifie totalement l’esprit. Si le nombre de chaise continue à diminuer, le défi n’est plus d’être assis aux dépens d’un autre, mais d’imposer que tous les participants soient sur les chaises sans qu’aucune partie du corps ne touche le sol. Oui, tous !

Au démarrage, on ne se refait pas (?), s’asseoir rapidement pour avoir « sa »chaise reste un réflexe… avant de se rendre compte, petit à petit, que tant qu’un partenaire reste debout  « Je perds aussi ! ». Les attitudes changent, le dialogue s’installe, les essais aboutissent. J’aime voir, en début de vie de groupe (de classe, de formation de professionnels, de milieu d’accueil extrascolaire…) cette évolution des mentalités.

Le débat qui s’en suit -j’organise toujours un temps de parole après ces capsules coopératives- est étonnant. La prise de conscience de ce qui s’est vécu est réelle, même avec les jeunes enfants.

Les professionnels de l’enfance sont souvent bien armés pour proposer ces temps de collaboration et de nombreuses formations existent d’ailleurs pour les découvrir ou augmenter leur bagage.

La coopération transversale

Si l’animation d’un jeu ou d’un projet coopératif ne demande généralement « que » la conviction et l’énergie d’une personne, plus complexe est l’installation d’un climat de coopération et d’échanges tout au long de la journée, de l’année ; une sorte de réflexe naturel et transversal de tout un chacun…

Vivre un temps coopératif dans un moment précis ne suffit pas à installer ce climat, hélas. En vivre régulièrement donne plus de chances à ce qui deviendrait alors un objectif mais mon expérience d’enseignant puis d’animateur m’incite à penser que deux conditions sont nécessaires pour que la coopération s’installe comme base naturelle de relation.

  1. Multiplier les occasions de vivre positivement la collaboration en fréquence, certes, mais surtout sous formes différentes. Il n’y a pas que les jeux qui invitent à la collaboration ! Défis de toutes sortes, temps de réunion, repas, récréation, apprentissages peuvent aussi passer en mode coopératif.
  2. Organiser des temps de parole collectifs autour de ce qui est vécu afin de conscientiser les enjeux. Arriver à exprimer la manière dont les choses sont vécues tout comme entendre l’autre à ce moment m’apparaissent comme primordiales.

 

Ceci peut nécessiter du temps… et, de la part de tous les acteurs de l’éducation qui agissent dans le même sens, de la collaboration !

 

Olivier Geerkens

Coordinateur à l’asbl COALA

 

 

 

 

 



 

People & Places - 191, bd Emile Bockstael - 1020 Bruxelles