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Suite de l'article (p.10) de Bernard De Vos,
Délégué général aux Droits de l'enfant
Aucun programme politique, pour peu qu’il émane d’un parti respectueux de la démocratie et soucieux des droits de l’homme, n’intègre bien sur un tel dessein mais la réalité est là, peu contestable et affligeante : les trajectoires des jeunes bruxellois sont loin d’être uniformes en fonction de leurs appartenances sociale, économique ou culturelle.
Malgré sa taille raisonnable, qui à l’échelle du monde en fait une petite ville de province, Bruxelles, capitale de l’Europe, s’est installée, sans doute malgré elle, dans des logiques de discrimination et d’apartheid qui président traditionnellement aux destinées des grandes mégalopoles. Qu’est-ce qui rassemble aujourd’hui encore un jeune résidant dans un quartier résidentiel du grand Bruxelles d’un autre jeune qui tient les murs dans un quartier ferroviaire ? Destinées entrecroisées, sans jonction même passagère, existences isolées, ils sont étrangers l’un à l’autre, se méprisent et se craignent… Et il y a tout à craindre que l’exemple bruxellois qui me sert aujourd’hui soit révélateur des réalités de bien d’autres entités urbaines ou rurales !
Les médias nous tendent un miroir déformé, outré et simpliste de la réalité sociale et nous renvoient un discours sans nuance en véhiculant sur les jeunes des stéréotypes et des clichés réducteurs. Mais tous les jeunes ne sont pas équitablement victimes de cette image négative. Et je me plais à répéter qu’il me parait que ce qui fait la différence entre les jeunes qui surnagent à cette image globale négative et ceux qui s’y noient tient en un seul mot : participation !
Ce qui caractérise notre époque, c'est certainement l'affaissement des divers liens (sociaux, professionnels, familiaux, scolaires) et la montée en puissance d’un individualisme forcené. Le chacun pour soi, l'individualisation des trajectoires, constituent sans doute la marque de fabrique des années que nous vivons.
Alors que la société fait la promotion de valeurs individualistes et prône le chacun pour soi, la participation, qui requiert un mode de pensée et d'action directement fondé sur la notion de partenariat, implique que tout le monde coopère. Participer c’est revendiquer une place utile, c’est vouloir compter, c’est chercher à peser sur sa propre vie et celle de sa cité. Indéniablement, le repli frileux sur soi et ses pairs, le manque d’investissement solidaire et citoyen, le déficit de participation de certains jeunes altèrent lourdement leur image.
Mais il reste un constat cynique et atterrant : plus les jeunes sont « bas » dans l’échelle d’aisance socio-économique, moins les offres concrètes de participation et d’intéressement concret à la vie en société sont présentes ! Alors, à force de ne jamais être sollicités, de ne jamais se voir proposer ces offres de participation, certains jeunes qui vivent des réalités difficiles et douloureuses en sont venus à considérer qu'ils pouvaient bien se contenter de ce statut d'objet dans lequel on les relègue : objets d'éducation, objets d'instruction, objets de solidarité, objet de contrôle… La traduction simpliste est immédiate : paresseux, trublions, peuplade primitive et brutale, faiseurs d’insécurité, les jeunes précarisés sont résumés à des images négatives et effrayantes dont il faut se prémunir et se préserver. S’ensuit la tentation sécuritaire qui confirme ces fausses évidences et ces images tronquées…
La participation constitue un formidable antidote aux logiques sécuritaires. Inviter les jeunes, TOUS les jeunes à participer, à coopérer, c'est les prendre « en compte », « en considération » avant qu'ils n'irritent ou ne deviennent des problèmes qu'il faudra se résoudre à prendre « en charge ». C'est aussi leur permettre de sortir d'une image narcissique déplorable et d'acquérir une stature sociale valorisante. Rappeler par la même occasion à la société que la jeunesse n'est pas un problème permettrait sans doute de relustrer son image et de modérer nos allants quand il s'agit de punir, de contraindre, d'enfermer, d'embastiller…
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Journée des DirectionsJeudi 21 octobre 2010, la Journée des Directions abordera de nombreux thèmes proches des préoccupations actuelles des dirigeants d'établissements d'enseignement. |
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